Attention, article-fleuve indigeste, consacré au folk-prog et à tout ce qui l'entoure.
Voilà près d'un an que j'ai découvert Close to the Edge de Yes et fait par la même occasion mon coming out : le prog, c'est ma vie musicale à moi. Depuis un an donc, je passe patiemment mes journées à tenter de rattraper 30 ans de retard en n'écoutant quasiment plus que du prog de la fin des années 60 et des années 70. C'est vraiment "ma" période. On a fait de belles choses après, mais le plus beau à mes oreilles vient de cette époque.
En un an, j'en ai découvert, de ces choses. Les grands classiques : Yes, Pink Floyd, Genesis, King Crimson, ELP, Jethro Tull, Camel, Van Der Graaf, Caravan... J'en ressors surtout avec un amour infini pour ces groupes (un peu moins pour ELP et Jethro dont j'ai vu de émules de plus grand talent...). Tous ces gens-là, j'en parlerai en temps et en heure. En fait, j'ai déjà des pages qui leur sont consacrées sur la section Prog du site-galerie, vous pouvez aller y jeter un oeil, même si les textes restent à écrire (sauf pour Genesis).
Puis les "moins classiques mais tout aussi dignes d'être reconnus" : le space-krautrock floydien d'Eloy, les Français de Pulsar ou Clearlight, et des tas d'autres, comme les incroyables mais totalement inconnus Grobschnitt... Vous remarquerez que plus on se spécialise dans une passion, plus on rencontre de connaisseurs, et plus on a envie de leur en mettre plein la vue avec des noms à coucher dehors. Donc voilà, messieurs les autres spécialistes, je suis fan de Grobschnitt. Et paf ! Ah ah, ils vont mettre deux heures à s'en remettre. Ca devrait me laisser le temps de trouver un autre nom de groupe bien obscur. Non, mais sérieusement, Grobschnitt, c'est le bien. Surtout leur live Solar Music, dont ils ont fait des dizaines de versions différentes laissant la part belle à l'improvisation. Une musique joyeuse sans être guillerette, mystique sans être vaseuse ou pompeuse, et qui ne se prend pas au sérieux sans pour autant se moquer de qui que ce soit. Total respect.
Période également de mes premières "tentatives" d'apprivoisement des années 70 à travers des albums pas forcément très prog, mais avec des sonorités similaires. Ainsi, les deux premiers albums de Gérard Manset m'ont singulièrement marqué (Animal on est mal, On ne tue pas son prochain repris par Brigitte Fontaine, ça vous dit quelque chose ? Non ? Ben ça poutre et ça sent bon mai 68 donc on rattrape vite son retard merci). L'une des particularités du prog est que c'est l'un des genres musicaux les plus vastes qui soient, de par l'une de ses natures : la fusion des genres.
Par extension, je réalise que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé pour ma culture musicale : je découvre ainsi des univers musicaux auxquels j'étais auparavant fermé, rien que grâce aux éléments prog que je peux y trouver : instruments particuliers (mellotron, moog, etc), longueur extrême, originalité de la structure mélodique, etc. Petit à petit, je me découvre un goût très prononcé pour le folk-prog. Il a toujours été présent : mon premier album prog, ma première véritable découverte, c'était Ommadawn de Mike Oldfield, en 1996. Mais je me contentais de qualifier l'album de "rock instrumental pastoral". Enfin, je le qualifiais surtout de "meilleur album de tous les temps". Oui, j'aime bien mettre des étiquettes, sinon c'est trop le fouillis dans ma tête. Je crois d'ailleurs qu'il est toujours en très bonne place dans mon classement imaginaire.
Mais mon mini-coming out pour le folk-prog, lui, date de cet automne, quand j'ai redécouvert Harmonium. Celui-là même qui m'avait fait découvrir Oldfield (salut et merci encore, Brice !) m'avait un jour amené un morceau intitulé "Histoires sans paroles"... "Ecoute ça, tu vas voir, ça ressemble un peu à Ommadawn, c'est vraiment très bien !"... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai dû l'écouter une fois, peut-être même pas en entier, et l'oublier complètement. Un groupe québécois ? Je pensais immédiatement à Garou et à Céline Dion... Par la suite j'ai perdu le morceau dans un crash disque et ça m'est sorti de la tête. Et puis voilà, au hasard de mes pérégrinations du web, j'ai fini par retomber dessus... Et à donner une seconde chance au groupe. Le résultat ? Il est là, à travers cet article sur Harmonium. Et une véritable déclaration d'amour pour la voix à fleur de peau de Serge Fiori dans leur album live. A l'occasion, j'écrirai quelque chose de plus conséquent sur le groupe, au lieu de me contenter de décrire les deux morceaux qui représentent le mieux la majesté de leur oeuvre, et je le publierai sur le blog en parallèle. Pour le moment, je vous invite à aller découvrir Harmonium au plus vite. Voilà donc pour mon initiation sans douleur au folk-prog.
Je reviens un peu plus loin dans le passé, sur un de mes coups de coeur cinéma, à la fois pour la qualité du film et de sa bande-son : Kill Bill (je considère que les deux parties ne font qu'une). Quand Tarentino met du Neu! (prog expérimental allemand !) dans sa BO, c'est qu'il s'y connaît un minimum. Quand il place The Chase (tiré d'un film de Georges Lautner !), on sent qu'il aime l'orgue de Hammond quand elle se déchaîne. Bon. Dans Kill Bill, le soundtrack est un quasi-sans faute, et même en dehors du prog, on y trouve des perles de tous les genres. Les partitions de Morricone : bonheur. Run Fay Run (Isaac Hayes), Don't let me be misunderstood (Santa Esmeralda), Summertime Killer (Luis Bacalov), ou même le générique de fin, repris d'un classique latino par le groupe de Robert Rodriguez ? D'incroyables pépites de la musique latino/black/funk des années 70. Forcément, Tarantino m'a permis "d'aiguiser" une affinité de ma part envers ces styles musicaux, qui ne m'attiraient pas particulièrement avant.
Mais jusqu'à la semaine dernière, je n'aurais jamais imaginé que ce genre de musique, par son appartenance à une décennie dont l'innovation musicale me touche, puisse rejoindre aussi facilement le prog. C'est pourtant le cas avec un groupe comme Rare Bird, qui mélange allègrement le prog à la funk stylée Harlem des années 70. De l'or en barre. Dans la même veine, quel bonheur que de découvrir Cressida, Jade Warrior ou encore Salamander et leur excellent Ten Commandments. Gros, très gros coup de coeur aussi pour Black Widow dont le premier album de psychédélique satanique est resté dans l'histoire, mais qui a fait bien mieux à mon goût par la suite, avec du folk/blues/funk/soul qui décape. A l'occasion là aussi, j'essaierai de consacrer à tous ces groupes "mineurs" un article global accompagné d'extraits audio. Mais j'ai tant à faire. En tout cas, merci Quentin, merci le prog, pour m'avoir aidé à ouvrir grand les oreilles. Ce fut un premier pas primordial. Je dois aussi remercier Andy Votel, auteur de plusieurs CD de compilations reprenant des raretés du prog. Je cite notamment "Welsh Rare Beat" et surtout "Prog is not a 4-letter word". Ce dernier m'a notamment appris que le prog avait fait tout autant fureur dans tous les pays du monde, et pas seulement les pays les plus riches. Des extraits d'un groupe polonais (!) période guerre froide m'ont permis de découvrir l'excellent album de 1970 de Tadeusz Nalepa : en matière de dépaysement culturel, ça se pose bien.
Ca n'a aucun rapport à la base, mais en cherchant sur Google s'il existait un "Prog Frog Blog" (non, je n'ai pas l'intention de renommer Naologismes, c'était juste par curiosité), j'ai dû reconnaître que je ne suis pas le premier à m'être amusé avec ces bêtises. Si l'on exclut un site français sur le prog qui semble mort depuis une demi-douzaine d'années, j'ai surtout trouvé un blog intitulé "Prog Not Frog", qui est devenu en l'espace d'une journée mon site-préféré-du-web. Je sens que je vais y passer des semaines...! Ces sales petits piratins ont en effet pour principe de proposer au téléchargement des albums complets de rock prog... Ouh, ça c'est mal ! Pas bien !
Sauf qu'ils sont spécialisés dans les albums rarissimes, épuisés depuis des décennies, ou tout simplement totalement inconnus en Occident. Là, par exemple, je suis en train d'écouter Osiris, un album de 1982 issu du groupe éponyme, originaire de... Bahreïn, la petite île en face de l'Arabie Saoudite. Oui oui, on fait vraiment très fort dans l'underground, là. Et croyez-le ou pas, après un quart d'heure d'écoute, c'est tout bonnement fantastique. Le mois dernier, ils ont également mis en ligne l'album Ail Ddechra du groupe gallois Bran. Groupe découvert sur la compilation... Prog is not a 4-letter word, et dont j'avais abandonné l'espoir de trouver un jour le premier album complet. Alors voilà, rien que pour ça, je mets un lien vers leur blog et je les remercie chaudement de tant de bonté.
Parmi les derniers groupes publiés, voici ceux que j'ai eu le temps d'écouter (au moins en partie) et que j'ai trouvé formidables : Osiris, Bran, PLJ (groupe grec), Troisième Rive (groupe français, ça c'est exotique !), Mariza Koch (reprise de classiques grecs à la sauce prog ! Trop bon !) et Dionysos, groupe québécois sans l'accent, antérieur à Harmonium et plus rock que folk, à la limite du psychédélique mais tout à fait recommandable. Voilà, ça sera tout pour cette fois. Vous êtes toujours là ?
Voilà près d'un an que j'ai découvert Close to the Edge de Yes et fait par la même occasion mon coming out : le prog, c'est ma vie musicale à moi. Depuis un an donc, je passe patiemment mes journées à tenter de rattraper 30 ans de retard en n'écoutant quasiment plus que du prog de la fin des années 60 et des années 70. C'est vraiment "ma" période. On a fait de belles choses après, mais le plus beau à mes oreilles vient de cette époque.En un an, j'en ai découvert, de ces choses. Les grands classiques : Yes, Pink Floyd, Genesis, King Crimson, ELP, Jethro Tull, Camel, Van Der Graaf, Caravan... J'en ressors surtout avec un amour infini pour ces groupes (un peu moins pour ELP et Jethro dont j'ai vu de émules de plus grand talent...). Tous ces gens-là, j'en parlerai en temps et en heure. En fait, j'ai déjà des pages qui leur sont consacrées sur la section Prog du site-galerie, vous pouvez aller y jeter un oeil, même si les textes restent à écrire (sauf pour Genesis).
Puis les "moins classiques mais tout aussi dignes d'être reconnus" : le space-krautrock floydien d'Eloy, les Français de Pulsar ou Clearlight, et des tas d'autres, comme les incroyables mais totalement inconnus Grobschnitt... Vous remarquerez que plus on se spécialise dans une passion, plus on rencontre de connaisseurs, et plus on a envie de leur en mettre plein la vue avec des noms à coucher dehors. Donc voilà, messieurs les autres spécialistes, je suis fan de Grobschnitt. Et paf ! Ah ah, ils vont mettre deux heures à s'en remettre. Ca devrait me laisser le temps de trouver un autre nom de groupe bien obscur. Non, mais sérieusement, Grobschnitt, c'est le bien. Surtout leur live Solar Music, dont ils ont fait des dizaines de versions différentes laissant la part belle à l'improvisation. Une musique joyeuse sans être guillerette, mystique sans être vaseuse ou pompeuse, et qui ne se prend pas au sérieux sans pour autant se moquer de qui que ce soit. Total respect.
Période également de mes premières "tentatives" d'apprivoisement des années 70 à travers des albums pas forcément très prog, mais avec des sonorités similaires. Ainsi, les deux premiers albums de Gérard Manset m'ont singulièrement marqué (Animal on est mal, On ne tue pas son prochain repris par Brigitte Fontaine, ça vous dit quelque chose ? Non ? Ben ça poutre et ça sent bon mai 68 donc on rattrape vite son retard merci). L'une des particularités du prog est que c'est l'un des genres musicaux les plus vastes qui soient, de par l'une de ses natures : la fusion des genres.
Par extension, je réalise que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé pour ma culture musicale : je découvre ainsi des univers musicaux auxquels j'étais auparavant fermé, rien que grâce aux éléments prog que je peux y trouver : instruments particuliers (mellotron, moog, etc), longueur extrême, originalité de la structure mélodique, etc. Petit à petit, je me découvre un goût très prononcé pour le folk-prog. Il a toujours été présent : mon premier album prog, ma première véritable découverte, c'était Ommadawn de Mike Oldfield, en 1996. Mais je me contentais de qualifier l'album de "rock instrumental pastoral". Enfin, je le qualifiais surtout de "meilleur album de tous les temps". Oui, j'aime bien mettre des étiquettes, sinon c'est trop le fouillis dans ma tête. Je crois d'ailleurs qu'il est toujours en très bonne place dans mon classement imaginaire.
Mais mon mini-coming out pour le folk-prog, lui, date de cet automne, quand j'ai redécouvert Harmonium. Celui-là même qui m'avait fait découvrir Oldfield (salut et merci encore, Brice !) m'avait un jour amené un morceau intitulé "Histoires sans paroles"... "Ecoute ça, tu vas voir, ça ressemble un peu à Ommadawn, c'est vraiment très bien !"... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai dû l'écouter une fois, peut-être même pas en entier, et l'oublier complètement. Un groupe québécois ? Je pensais immédiatement à Garou et à Céline Dion... Par la suite j'ai perdu le morceau dans un crash disque et ça m'est sorti de la tête. Et puis voilà, au hasard de mes pérégrinations du web, j'ai fini par retomber dessus... Et à donner une seconde chance au groupe. Le résultat ? Il est là, à travers cet article sur Harmonium. Et une véritable déclaration d'amour pour la voix à fleur de peau de Serge Fiori dans leur album live. A l'occasion, j'écrirai quelque chose de plus conséquent sur le groupe, au lieu de me contenter de décrire les deux morceaux qui représentent le mieux la majesté de leur oeuvre, et je le publierai sur le blog en parallèle. Pour le moment, je vous invite à aller découvrir Harmonium au plus vite. Voilà donc pour mon initiation sans douleur au folk-prog.Je reviens un peu plus loin dans le passé, sur un de mes coups de coeur cinéma, à la fois pour la qualité du film et de sa bande-son : Kill Bill (je considère que les deux parties ne font qu'une). Quand Tarentino met du Neu! (prog expérimental allemand !) dans sa BO, c'est qu'il s'y connaît un minimum. Quand il place The Chase (tiré d'un film de Georges Lautner !), on sent qu'il aime l'orgue de Hammond quand elle se déchaîne. Bon. Dans Kill Bill, le soundtrack est un quasi-sans faute, et même en dehors du prog, on y trouve des perles de tous les genres. Les partitions de Morricone : bonheur. Run Fay Run (Isaac Hayes), Don't let me be misunderstood (Santa Esmeralda), Summertime Killer (Luis Bacalov), ou même le générique de fin, repris d'un classique latino par le groupe de Robert Rodriguez ? D'incroyables pépites de la musique latino/black/funk des années 70. Forcément, Tarantino m'a permis "d'aiguiser" une affinité de ma part envers ces styles musicaux, qui ne m'attiraient pas particulièrement avant.
Mais jusqu'à la semaine dernière, je n'aurais jamais imaginé que ce genre de musique, par son appartenance à une décennie dont l'innovation musicale me touche, puisse rejoindre aussi facilement le prog. C'est pourtant le cas avec un groupe comme Rare Bird, qui mélange allègrement le prog à la funk stylée Harlem des années 70. De l'or en barre. Dans la même veine, quel bonheur que de découvrir Cressida, Jade Warrior ou encore Salamander et leur excellent Ten Commandments. Gros, très gros coup de coeur aussi pour Black Widow dont le premier album de psychédélique satanique est resté dans l'histoire, mais qui a fait bien mieux à mon goût par la suite, avec du folk/blues/funk/soul qui décape. A l'occasion là aussi, j'essaierai de consacrer à tous ces groupes "mineurs" un article global accompagné d'extraits audio. Mais j'ai tant à faire. En tout cas, merci Quentin, merci le prog, pour m'avoir aidé à ouvrir grand les oreilles. Ce fut un premier pas primordial. Je dois aussi remercier Andy Votel, auteur de plusieurs CD de compilations reprenant des raretés du prog. Je cite notamment "Welsh Rare Beat" et surtout "Prog is not a 4-letter word". Ce dernier m'a notamment appris que le prog avait fait tout autant fureur dans tous les pays du monde, et pas seulement les pays les plus riches. Des extraits d'un groupe polonais (!) période guerre froide m'ont permis de découvrir l'excellent album de 1970 de Tadeusz Nalepa : en matière de dépaysement culturel, ça se pose bien.Ca n'a aucun rapport à la base, mais en cherchant sur Google s'il existait un "Prog Frog Blog" (non, je n'ai pas l'intention de renommer Naologismes, c'était juste par curiosité), j'ai dû reconnaître que je ne suis pas le premier à m'être amusé avec ces bêtises. Si l'on exclut un site français sur le prog qui semble mort depuis une demi-douzaine d'années, j'ai surtout trouvé un blog intitulé "Prog Not Frog", qui est devenu en l'espace d'une journée mon site-préféré-du-web. Je sens que je vais y passer des semaines...! Ces sales petits piratins ont en effet pour principe de proposer au téléchargement des albums complets de rock prog... Ouh, ça c'est mal ! Pas bien !
Sauf qu'ils sont spécialisés dans les albums rarissimes, épuisés depuis des décennies, ou tout simplement totalement inconnus en Occident. Là, par exemple, je suis en train d'écouter Osiris, un album de 1982 issu du groupe éponyme, originaire de... Bahreïn, la petite île en face de l'Arabie Saoudite. Oui oui, on fait vraiment très fort dans l'underground, là. Et croyez-le ou pas, après un quart d'heure d'écoute, c'est tout bonnement fantastique. Le mois dernier, ils ont également mis en ligne l'album Ail Ddechra du groupe gallois Bran. Groupe découvert sur la compilation... Prog is not a 4-letter word, et dont j'avais abandonné l'espoir de trouver un jour le premier album complet. Alors voilà, rien que pour ça, je mets un lien vers leur blog et je les remercie chaudement de tant de bonté.Parmi les derniers groupes publiés, voici ceux que j'ai eu le temps d'écouter (au moins en partie) et que j'ai trouvé formidables : Osiris, Bran, PLJ (groupe grec), Troisième Rive (groupe français, ça c'est exotique !), Mariza Koch (reprise de classiques grecs à la sauce prog ! Trop bon !) et Dionysos, groupe québécois sans l'accent, antérieur à Harmonium et plus rock que folk, à la limite du psychédélique mais tout à fait recommandable. Voilà, ça sera tout pour cette fois. Vous êtes toujours là ?

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En fait, j'aime bien la voix de Peter Gabriel. Mais je ne l'aime vraiment qu'après une certaine maturation, dans les années 80. Le deuxième problème, c'est qu'après le départ de Peter Gabriel, il est remplacé par le batteur Phil Collins, dont le choix est de devenir un clone de Gabriel, au point que ç'en est un peu flippant. Le troisième problème, c'est que Phil Collins étant devenu dans les années 80 une star du circuit commercial par excellence, Genesis s'est calqué sur Collins plutôt que l'inverse. Et on peut oublier le groupe après 1977.
- Steve Hackett nous offre l'incroyable album de folk progressif Voyage of the Acolyte en 1975, dont est tiré le non moins fascinant Shadow of the Hierophant offert en extrait sur ce site. Si vous avez aimé le morceau, achetez l'album les yeux fermés. Certains de ses morceaux sont un peu plus rocks, mais l'ensemble reste très homogène et intelligente. Une réussite sur toute la ligne. Ses albums suivants n'ont malheureusement pas reproduit le miracle du premier, mais ils ont leurs fans. Je n'en fais pas partie, mais je reconnais volontiers à Hackett une volonté de faire peau neuve régulièrement. Ses derniers travaux étaient définitivement très intéressants dans un style symphonique.
De Trespass à The Lamb en 1974, tous les albums de Genesis proposent au moins un morceau de grande qualité, à défaut d'être à la hauteur de mon admiration pour leurs albums solo. On citera entre autres The Musical Box, Fifth of Firth ou le fameux Supper's Ready de Foxtrot... En attendant, je considère avoir encore beaucoup à découvrir : le Genesis des années 70 ne se dévoile définitivement pas à la première écoute. Le comble, pour un futur groupe de pop commerciale !
Explosions in the Sky, plus précisément, c'est du post-rock, un terme plus ou moins inventé pour des groupes comme Godspeed You! Black Emperor et Sigur Rós il y a une dizaine d'années. C'est à mon avis un des courants musicaux actuels qui héritent le plus du prog des années 70 (avec une petite touche de folie sombre qui ramène à Björk ou Radiohead, qui s'applique plutôt à Sigur Rós). Ici, nous avons des guitares électriques très saturées qui produisent un son incroyablement mélodieux, harmonieux et en contraste total avec l'idée que l'on pourrait se faire d'une... Ben, d'une guitare électrique très saturée.
La fin des années 60 : quelle époque mémorable. Avec toutes ces jeunes filles nues dansant dans les prairies avec des joueurs de guitare en pattes d'éléphant. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit... C'est l'époque des Beatles avec Sgt. Pepper's, leur intégration d'instruments classiques indiens (qui, quelque part, montre une curiosité à l'égard des musiques alternatives), la naissance du rock psychédélique et du space rock avec notamment les débuts de Pink Floyd, mais encore l'arrivée d'instruments "bizarres" (le Mellotron puis le synthé), ou l'exploitation d'instruments classiques (l'orgue de Hammond) dans la pop et le rock de l'époque.
Le prog, donc, n'est par définition pas définissable, mais il est reconnaissable à travers l'âme de la musique. Ses pionniers étaient souvent issus de classes aisées de la société anglaise, et ont donc commencé par fusionner la musique classique avec le rock (voir The Nice, McDonald and Giles, Gryphon...) avant de se contenter d'en reprendre la "substantifique moelle" : une grande exigence structurelle, et la recherche d'une ambiance plus que d'un "morceau rapide à écouter", qui donne au final des morceaux d'une durée supérieure à cinq minutes, souvent même à vingt minutes. Par la suite, l'horizon musical du prog s'est agrandi grâce aux apports entre autres du blues, du jazz, de l'électro, de la pop et du metal.
Et le prog, c'est ma grande passion. Son univers est tellement riche, tellement immense, que je n'écoute quasiment plus que ça. Non pas que je délaisse les autres styles musicaux, mais j'ai encore tant à découvrir, moi-même, que j'ai ressenti depuis longtemps l'envie de réaliser des critiques d'albums et de faire des présentations des meilleurs groupes du genre. Je ne me considère pas comme un spécialiste, mais comme un amateur éclairé qui a encore assez de recul pour pouvoir facilement faire partager ses découvertes à ses lecteurs sans forcément les rebuter. Parce que le prog est parfois hermétique, et c'est une bonne chose : rares sont les mélodies qui vont nous attirer à la première découverte... Mais plus un morceau demande d'écoutes avant de se laisser apprécier, plus il gardera son mystère et sa beauté au fil des ans et des écoutes. J'ai moi-même mis du temps avant de réaliser que j'aimais le prog : après avoir découvert de Mike Oldfield avec Ommadawn en 1996, je n'ai "osé" écouter le Close to the edge de Yes et n'ai accepté qu'il y a un an