We will prog you!

Le plus dur à faire, dans beaucoup de choses, est le premier pas. Après, ça vient tout seul... Progressivement.

Voilà un peu plus d'un an que je me suis plongé corps et âme dans cet univers qu'est le prog. On vous dira généralement "rock progressif", mais ce serait faire insulte au prog que de le confiner implicitement à un seul genre musical. Non, le prog aime la fusion et c'est presque sa raison d'être. L'expérimentation est en effet ce qui lui a permis de naître puis d'évoluer album après album, groupe après groupe, pour le bonheur des mélomanes.

La fin des années 60 : quelle époque mémorable. Avec toutes ces jeunes filles nues dansant dans les prairies avec des joueurs de guitare en pattes d'éléphant. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit... C'est l'époque des Beatles avec Sgt. Pepper's, leur intégration d'instruments classiques indiens (qui, quelque part, montre une curiosité à l'égard des musiques alternatives), la naissance du rock psychédélique et du space rock avec notamment les débuts de Pink Floyd, mais encore l'arrivée d'instruments "bizarres" (le Mellotron puis le synthé), ou l'exploitation d'instruments classiques (l'orgue de Hammond) dans la pop et le rock de l'époque.

Le (rock) progressif, en quelques mots, c'est d'abord l'intellectualisation d'une musique (le rock) qui se voulait à l'époque avant tout exutoire, et donc instinctive. L'improvisation est loin d'être bannie du prog, au contraire, mais elle est canalisée dans le but de créer une perfection parfois miraculeuse. On y a opposé plus tard le punk, qui visait justement à revenir aux racines brutes du rock et délaisser un genre que les critiques musicaux de l'époque ont abusivement jugé trop pompeux. Je vais leur taper dessus vous allez voir.

Le prog, donc, n'est par définition pas définissable, mais il est reconnaissable à travers l'âme de la musique. Ses pionniers étaient souvent issus de classes aisées de la société anglaise, et ont donc commencé par fusionner la musique classique avec le rock (voir The Nice, McDonald and Giles, Gryphon...) avant de se contenter d'en reprendre la "substantifique moelle" : une grande exigence structurelle, et la recherche d'une ambiance plus que d'un "morceau rapide à écouter", qui donne au final des morceaux d'une durée supérieure à cinq minutes, souvent même à vingt minutes. Par la suite, l'horizon musical du prog s'est agrandi grâce aux apports entre autres du blues, du jazz, de l'électro, de la pop et du metal.

En dehors des Beatles comme pères-fondateurs, on citera volontiers les Moody Blues (Nights in white satin), Procol Harum (A whiter shade of pale) ou David Bowie (Space Oddity), avec des tubes intemporels dont vous connaissez tous (parfois sans le savoir) la mélodie et qui sont tous transcendés par l'utilisation du Mellotron (une machine hors de prix et intransportable à l'époque) et une sensibilité musicale qui va caractériser le mouvement prog. Pour l'orgue de Hammond, un seul mot : les Doors (les mémorables Light my fire et The End sont du prog ou je ne m'appelle pas Nao). Parmi les nombreuses stars qui ont fait du prog, on pourra citer Supertramp (Even in the Quietest Moments, 1977), Roxy Music (dans leur premier album, avec Brian Eno), Led Zep (Stairway to Heaven n'est autre que du folk prog !), Mike Oldfield évidemment (bien que ses morceaux les plus connus, comme pour Yes, ne soient pas du prog, ses plus beaux albums sont du folk prog), Archive (le tube Again... Pur prog !), Air (The Virgin Suicides), X-Japan (Art of Life), même Annie Cordie fait du prog avec Tatayoyo. Ah, on me souffle dans l'oreillette que j'ai confondu avec Serge Gainsbourg. Oui oui, même lui. Et pour les amateurs d'animation, les BO d'Akira et de Berserk sont faites par des grands du prog japonais...

Et le prog, c'est ma grande passion. Son univers est tellement riche, tellement immense, que je n'écoute quasiment plus que ça. Non pas que je délaisse les autres styles musicaux, mais j'ai encore tant à découvrir, moi-même, que j'ai ressenti depuis longtemps l'envie de réaliser des critiques d'albums et de faire des présentations des meilleurs groupes du genre. Je ne me considère pas comme un spécialiste, mais comme un amateur éclairé qui a encore assez de recul pour pouvoir facilement faire partager ses découvertes à ses lecteurs sans forcément les rebuter. Parce que le prog est parfois hermétique, et c'est une bonne chose : rares sont les mélodies qui vont nous attirer à la première découverte... Mais plus un morceau demande d'écoutes avant de se laisser apprécier, plus il gardera son mystère et sa beauté au fil des ans et des écoutes. J'ai moi-même mis du temps avant de réaliser que j'aimais le prog : après avoir découvert de Mike Oldfield avec Ommadawn en 1996, je n'ai "osé" écouter le Close to the edge de Yes et n'ai accepté qu'il y a un an Jésus le prog comme mon sauveur, sous prétexte que la voix de Jon Anderson me rebutait ! Mais quel idiot. Voilà, je fais mon mea culpa et j'apporte ma pierre.

J'ai donc également pris le parti de vous proposer une sélection des musiques les plus intéressantes à mon goût, ou les plus représentatives, que j'uploade dans la section Prog du blog, en 64kbps pour ne pas gêner les ayants droit. Evidemment, ces extraits ne sont là que pour vous encourager à franchir le pas et à acheter les albums correspondants ! Ils sont généralement accompagnés de mes commentaires. Si vous n'en trouvez pas, c'est que je ne les ai pas encore écrits, et que je les publierai sur le blog en même temps que je les mettrai sur la section Prog. Allez, c'est fini pour aujourd'hui ! La prochaine fois, nous passerons à la pratique !

Joyeux Noël à tous. Tiens, encore un de ces mots en 4 lettres...

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Offline Nao/Gilles

  • Admin
Encore plein d'ajouts... Cette fois-ci dans la section "Post-70s"...
J'ai mis notamment deux morceaux soundchip dont je réalise très bien que musicalement ils ne sont pas aussi bien mixés que les autres... Du coup je vais sans doute les déplacer dans une section "Soundchip music" à part... Le temps de mettre en place d'autres extraits "soundchip", justement.
Ajouté, donc : un morceau d'Anathema, un autre de Symphony X, et un d'Änglagård (pas le meilleur qu'ils aient fait, mais l'un des plus représentatifs de leur style).